Esioox sur Nice-Matin

Nice-Matin, 23/06/2011

Encore une première pour la technopole!

C’est en effet une nouvelle fois ici, à l’ombre des pins, que vient de naître un concept inédit : le tout premier site internet en France permettant d’ échanger ou de transformer en cash les cartes cadeaux offertes par vos proches, mais pas vraiment en accord avec vos goûts et vos besoins du moment.

Rusé comme concept ? Plutôt, quand on sait qu’en moyenne, 10 à 30 % des titres cadeau vendus périment avant même d’être utilisés par leurs récipiendaires … D’ailleurs, c’est l’expression « malin comme un sioux » qui a inspiré le nom du site : www.esioox.fr.

À l’origine de cette idée novatrice : Issam et Younès, deux purs produits sophipolitains. Formés à Eurecom, incubés à Télécom Paristech, ces pros de la télécommunication mobile ont chacun à leur actif un doctorat, des expériences professionnelles chez ST-Ericsson ou Accenture. Et puis, la trentaine passée, ils ont décidé de développer leur fibre entrepreunariale. Restait à trouver l’idée. La bonne. « Nous en avons eu plusieurs, avant de découvrir au détour d’un blog le site américain d’échange de cartes Plastic Jungle. Comme beaucoup, nous avons eu cette expérience de titres inutilisés et nous avons découvert l’ampleur du phénomène. Il y avait quelque chose à faire. Outre celui des USA, il y a très peu de sites dédiés. Il en existe un nouveau en Angleterre, un en Australie, et c’est presque tout » .

Un argus de la valeur des cartes

Les deux jeunes ingénieurs commencent alors à plancher. « Notre savoir-faire, ce sont les algorithmes. Jusque-là, nous les utilisions pour les télécommunications. Nous avons juste changé de destination en les appliquant à une nouvelle problématique ». Leur but : mettre au point un site dédié, performant, pouvant pallier les écueils des échanges et reventes « sauvages » via les sites de petites annonces du type leboncoin ou e-bay (sécurité douteuse, mauvaise estimation des coûts, désorganisation…).

Du coup, chez esioox tout est bien étudié . « Nous avons par exemple développé un algorithme permettant d’élaborer une sorte d’argus des valeurs des titres, réactualisé régulièrement, en fonction du marché, souligne Younès. Cette semaine par exemple, face à l’afflux de cartes cadeaux Fnac post-fête des pères, celles-ci ont perdu de leur valeur… »

Autres atouts du site : la garantie d’obtenir des cartes valables , après une authentification automatique par le site. La possibilité de revendre ou d’échanger , et parfois même, de gagner de l’argent en fonction du type d’échange ou des promotions . Mais aussi, la simplicité d’accès et de fonctionnement : il suffit d’entrer les données de la carte, de choisir ce qu’on souhaite en faire, puis de la poster. En cas d’échange, le porte-monnaie virtuel esioox se recharge. Reste à faire un choix en fonction du montant crédité dans la liste des autres cartes disponibles…

En ligne depuis le 13 mai, la V1 reçoit déjà quelques centaines de visites par jour. Mais, dans leurs bureaux avec vue sur la garrigue de Telecom Paristech(1) où ils sont incubés depuis février dernier, les deux jeunes entrepreneurs préparent déjà les versions à venir.

400 millions d’euros de marché potentiel

« Actuellement, nous gérons les titres d’une soixantaine de grandes enseignes. Bientôt, il sera aussi possible d’échanger des cadeaux type smartbox ». Seul sur le marché en France, Esioox possède un beau potentiel de développement. « Aujourd’hui, environ 4 milliards d’euros de titres cadeau sont achetés par an. Un chiffre qui augmente de 20 % régulièrement. Si nous captons une grande partie des insatisfaits, le potentiel serait de 400 millions d’euros par an ! »

En attendant, E sioox va tenter de se faire connaître un maximum via une campagne publicitaire sur le net. Et de faire en sorte que l’échange ou la revente de carte entre dans les moeurs…

(1). L’incubateur s’adresse aux étudiants, doctorants et diplômés de Télécoms ParisTech et d’Eurecom, mais aussi plus largement aux porteurs de tout projet innovant dans le domaine des technologies de l’information. Une quinzaine de projets y sont actuellement incubés.

Florence Buades

sophia@nicematin.fr